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Les chroniques de l'exclusion

POÉSIE - SLAM - ROMAN Les chroniques de l'exclusion : c'est le titre du livre dont je finalise l'écriture actuellement. C'est un roman qui traitera d'homophobie parentale, de rejet mais aussi de l'histoire d'amour fusionnelle entre deux adolescents que la vie a rapproché malgré leurs craintes respectives.

Bonjour Tristesse

 

 

Froideur du sol, sombre jour encore, matin de déprime,

Je ne sais si le temps pourri de ces derniers jours me chagrine,

Ou si ces larmes ne sont que le reflet de la pluie sur les vitres.

Je suis figé, regardant par la fenêtre les averses tombant en litres,

En contemplant les gens se plaindre de tout pour un rien,

Dans leur confortable vie rangée, débordés par leur quotidien.

Toutes ces personnes aveugles de leur égoïsme, leur étroitesse

Ne voient même pas qu'au large un bateau est en détresse,

Bonjour tristesse, bonjour tristesse...

 

Des réfugiés sont à l'intérieur, ils demandent asile, un crime !

De malheurs en terreurs, ils sont ballottés par vos lois maritimes,

Condamnés à subir les échanges des puissants et de tous ces pitres,

Qui refusent de les accueillir en gaussant du haut de leur pupitre,

Des paroles hypocrites et surtout insensibles à leur pauvre destin,

Les amenant à une épopée en terre ibère à bord de leur navire clandestin.

Ce pays nous évoque la fête, mais pour eux pas de liesse, ni d'ivresse,

Dans leur bateau ivre, la faim, la soif et la peur les oppressent,

Bonjour tristesse, bonjour tristesse...

 

Silence coupable, honteux et lâches vous faîtes les autruches en prime,

Vous regardez ce bateau passer devant vos regards sans estime,

Comme on regardait passer un train, comme du bétail à la vitre !

Sachez qu'en forçant ce sauveteur marin à un détour sans libre arbitre,

Ces héros que vous ne reconnaissez pas ne peuvent plus tendre la main,

Aux hommes, femmes, enfants, bébés, tout comme nous, humains,

Tombés sur les coups de boutoir des lames d'eaux qui les agressent.

Ce soir la faucheuse peut festoyer avec vous dans l'allégresse,

Bonjour tristesse, bonjour tristesse...

 

Et alors que lassé de toutes ces injustices crasses je m'endors,

Mes rêves sont embrumés par la tempête qui sévit dehors,

Une frayeur me saisit, un pincement au cœur qui me serre fort,

Et m'empêche de fermer les yeux... C'est d'épuisement que je dors.

Pour ceux qui tenteront dans l'obscurité de voguer sans sémaphore,

Ou pour l'Aquarius qui ce matin devrait enfin arriver à bon port, 

Sans avoir pu cette nuit, dans le silence de la mer, repêcher de corps,

J'espère qu'au réveil je n'aurais pas à dire une fois encore,

Bonjour la mort, bonjour la mort...

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