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Les chroniques de l'exclusion

POÉSIE - SLAM - ROMAN Les chroniques de l'exclusion : c'est le titre du livre dont je finalise l'écriture actuellement. C'est un roman qui traitera d'homophobie parentale, de rejet mais aussi de l'histoire d'amour fusionnelle entre deux adolescents que la vie a rapproché malgré leurs craintes respectives.

RévélaTerre #1 - Après le silence, les oiseaux.

RévélaTerre #1 - Après le silence, les oiseaux.

Le confinement m'a donné une idée de projet, un révélateur de mes impressions dans ce temps d'incertitudes, un révélateur de mes envies pour le futur, et pour notre Terre : Voici RévélaTerre, ou une simple envie d'occuper l'espace dans ce vide imposé.

Confinement. L'idée de me remettre à écrire était une évidence, l'idée de vous partager mes impressions journalières de confinement beaucoup moins. Et pourtant, une telle situation me donne l'envie de laisser une trace sur le papier, de ces impressions qui doivent nous interpeller sur ce que nous sommes. Et nous sommes bien petit.

Jour 1, enfin en ce qui me concerne c'est déjà le 5eme, confiné depuis vendredi car malade et présentant des symptômes respiratoires qui laissent planer le doute, et le doute seulement. Pas la peur, je ne souhaite pas y céder.
Premier jour donc, après une bien mauvaise nuit. Une gueule de bois et un sommeil agité, non pas par l'alcool et ses maux, mais par des mots. Un mot. Guerre... Nous sommes en guerre. La formule est terrible, grave, martelée par un président qui tentait de nous rassurer tout en nous mettant en garde avec des mots si sombres. Si sombres, mais simplement vrais. Nous sommes en guerre contre un ennemi sournois, invisible, si petit qu'il montre à lui seul à quel point nous ne sommes grands.
Alors nous voilà confinés, contraints de subir le temps, de subir le présent et pour celles et ceux qui le souhaitent, de repenser le passé et/ou l'avenir. Car oui, qu'on se le dise, ce virus nous renvoie en pleine gueule notre arrogance ! Car nous fûmes bien arrogant de nous croire les maîtres quand nous ne sommes en réalité que de simples pantins, vulnérables à tant de choses. La nature s'est rappelée à nous, autant que nous nous rappelons d'elle désormais. Enfin c'est un rêve que je soumets.

Alors que faire pour tuer le temps qui passe, tout à coup, si lentement :
Regarder la télé ? Et finir aliéné par les images angoissantes du vide, par ce calme pesant qui règne dans les rues, par ces chiffres, par ces experts, par ces commentaires, par ces discours, par ces mots qui nous comptent les morts ? Je n'ai jamais regardé ces infos en continu, dont les sources sont les angoisses crasses de notre basse société... Vous me trouverez sans doute cynique, c'est vrai, je le suis bien, je l'assume. Mais comment me blâmer pour ça, rien qu'aujourd'hui, j'ai lu la presse, effaré par tous ces gens qui se ruent pour acheter du PQ et du riz en se collant les uns aux autres, sans respect des mesures sanitaires... Ou vu ces gens qui sortent dans les parcs, ou les marchés, futurs assassins de leurs aînés, par inconscience... Ou ce midi, depuis mon balcon, une dame jouissant de son statut à la mairie pour agresser un livreur de repas pour personnes âgées isolées - qui s'était garé malencontreusement devant l'immeuble pour livrer - et ainsi empêcher le pauvre homme d'être peut être le seul lien social de la journée pour ces personnes vulnérables... Connasse ! Ne soyez pas trop choqué, le mot est bien trop faible pour le tas d'immondices qui lui sert "d'esprit" ! Ne me dites pas que le coronavirus rend con par la peur, il n'est en réalité que le révélateur de notre propre connerie, bien présente depuis longtemps, qui nous hurle sa présence en ces temps de craintes, de manière à ce qu'on ne puisse l'occulter, et pour une fois la regarder en face !

Alors que faire... Rester sur ce balcon à se morfondre de la connerie qui s'est dressée devant nous ? S'arrêter à ces bruits, ces ondes lourdes ? Ou au contraire écouter les sons que nous renvoit le silence au loin. Ce calme oppressant ce matin sur les chaînes de télévision, est réalité d'une beauté insoupçonnée. Le soleil brille, la brise légère nous rapporte les sons des alentours. L'autoroute, d'habitude si proche et si bruyante, n'est plus qu'un filet qui se mêle au vent. La circulation, les klaxons, sont un souvenir qui s'efface à mesure que les cris des oiseaux les remplacent. Le stress s'oublie bien vite quand on se perd à différencier ce qui nous entoure, grives, corbeaux, pies, moineaux, merles, il y a tant d'oiseaux dans nos villes, même les plus grises d'entre elles ! Ici les crassiers sont encore chaud des brûlis de l'homme, la poussière encore bien présente, mais l'odeur des fleurs, sans tous les filtres qui nous obstruent leur fragrance, est enfin décelable. Et le soleil brille, brille d'une lumière limpide, tout est clair à présent, je peux m'abandonner à un peu d'optimisme après tant de cynisme. La nature se rappelle à notre souvenir par ce virus, pas seulement en nous remettant à notre place de simple vivant parmi un tout dans ce monde, pas seulement en nous faisant redescendre des nuages où nous nous croyons, mais en nous invitant au voyage, à la redécouverte d'un monde qui n'a pas encore été achevé par nos pas. A la redécouverte d'un monde qu'on peut encore préserver, à condition de ne pas recommencer inlassablement nos erreurs.

Je le crois, rien ne sera plus jamais comme avant après cela, et les certitudes ne seront plus que les doutes du renouvellement de nos pensées.
La nature se rappelle à nous, Alors rappelons nous à elle quand le temps sera venu de se relever.

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